Cat in Japan

Carnet de voyage

Apocalypse now

Initialement paru le mercredi 27 septembre 2006

Vendredi soir en sortant du Média Center nous sommes donc rentrés à l’International House. Puis nous sommes ressortis Fabien, Alex, Mat et moi à vélo pour aller en ville. Nous nous sommes arrêtés dans un restaurant où nous avons commandé différentes sortes de tsukune, poulet embroché sur un bâton assaisonné de différentes manières, afin d’accompagner une bière blanche japonaise. Puis nous sommes allé dans un bar à la déco hawaïenne pour goûter la bière Ebisu (autre bière japonaise) et faire une partie de fléchettes (les garçons uniquement je tenais à ne blesser personne), Mat a gagné haut la main il faut dire qu’il a été serveur et jouait souvent aux fléchettes. Nous avons ensuite repris nos vélos pour nous rendre à un petit restaurant auquel Mat et Fabien étaient déjà allé et où nous avons mangé du poulet cru (délicieux) ainsi que du poulet moins cru (mais pas cuit pour autant, toujours délicieux) et de nouveau des tsukune (de loin les meilleures de la soirée). Mat a commandé la bière pour nous et s’est senti obligé de prendre des choppes plus grosses que ma tête. Quant à lui il a opté pour un mélange de saké et de thé. Nous avons alors repris nos vélos et sommes allé au Sukiya du coin pour manger un curry. Puis nous sommes rentrés a l’International House où nous avons mangé du kimchi (sorte de chou épicé coréen) ainsi que du poulpe épicé toujours accompagné de bière. Nous sommes alors allé nous coucher, nous donnant rendez vous à 9h le lendemain pour aller à Nagoya.

Le lendemain je suis donc descendue de mon étage réservé aux filles à 9h et ne voyant personne ai frappé à la porte de Fabien qui, roulant hors de son lit, m’appris qu’ils avaient d’un commun d’accord abandonné l’idée de se lever ce matin et donc d’aller a Nagoya. Je suis donc retournée dans ma chambre et était en train de travailler du japonais en regardant la télé quant Lee vint frapper à ma porte pour me dire qu’un facteur attendait ma signature en bas. Lee a probablement du frappé à la porte de tout le monde car il s’avéra que le facteur venait apporter nos cartes de crédit (rouges, j’ai depuis découvert qu’il existait des cartes de crédit Nana et ai du me retenir de changer de banque). Nous avons donc dûment “signé” le papier ( “signer” consistant à écrire son nom) et tout le monde est reparti dans sa chambre.

Peu de temps après, Fabien, réveillé pour de bon cette fois est venu voir et nous avons décidé de nous rendre à la fac afin de nous connecter sur internet, d’essayer nos cartes de crédit dans le distributeur UFJ (UFJ étant notre banque) et de faire quelques courses au magasin de l’université. Prenant son vélo Fabien s’est aperçu que son guidon était mal vissé et qu’il risquait de mourir a chaque coin de rue, nous nous sommes donc d’abord rendus au magasin de vélo où après quelques coups de clé Allen, Fabien et moi avons pu repartir en toute sécurité et sonnetant de plus belle (“sonnetant” du verbe “sonneter” = jouer de sa sonnette). Nous nous sommes donc rendus à la fac où nous avons trouvé le distributeur UFJ fermé (il faut savoir qu’au Japon les distributeurs ne sont pas en libre accès, ils sont soit a l’intérieur des banques et donc fermés le week-end et la nuit, soit dans des espèces de petites cabanes en verre où un rideau de fer est tiré la nuit et les week-end donc si vous avez oublié de retirer de l’argent le vendredi soir dommage parce que la carte de crédit en tant que moyen de paiement direct n’existe quasiment pas au japon), ainsi que le Média Center et le magasin. Fort de cet apprentissage (le samedi a pas la fac) nous avions donc décidé de rentrer quand Fabien sorti la phrase décisive “Ya quoi par là, on y va ?”. Nous y sommes donc allé.

“Par là” désignait une grande rue qui partait a l’opposé de la fac. Après plusieurs centaines de mètres nous nous sommes arrêtés dans un combini (abréviation de convenience store, magasin ouvert 24h sur 24) où Fabien s’est acheté des sandwichs, puis nous avons continué joyeusement jusqu’à tomber sur un panneau « Port de Toyohashi 8km ». Nous avons donc bifurqué et décidé de suivre ce panneau. Là commença notre périple, tout en ligne droite ou presque. Nous nous sommes arrêtés de temps en temps pour entrer dans tel magasin de DVD ou tel combini, et après être sorti du paysage habituel de la ville nous sommes passés dans une sorte de banlieue où il y avait moins de maisons et quelques champs pour arriver enfin à l’apocalypse. C’est venu doucement, d’abord il n’y avait plus de maisons sur le bord de la route mais des Stations services et des magasins de pneus pour camions, que ça, pleiiin de magasins de pneus. Il y avait encore un peu de voitures alors, mais plus nous nous approchions du port plus c’était désert. Nous avons fini complètement seuls sur la quatre voies, plus de voitures, plus âme qui vive, et nous sommes arrivés au port. Un paysage de science fiction, sur une île une immense usine orange avec de gigantesques tuyaux enroulés tout autour crachait des nuages de fumée, la description s‘avère difficile mais elle était tout droit sorti d’un Miyazaki, un mix entre l’établissement des bains de Chihiro et le château ambulant. Sur les quais des grues immobiles et des monceaux de ferraille s’entassaient. Partagés entre le rire, l’ambiance glauque et l’euphorie d’être seuls au monde (nous nous attendions à tout moment à voir un zombie sortir d’un bar pour marin qui semblait à l’abandon) nous avons fait demi tour (après avoir entre aperçu la mer entre deux grues) et nous sommes arrêtés à un bâtiment dénommé « Toyohashi Life Port », bâtiment très récent entouré de palmiers, avec un sympathique plan d’eau et ce qui semblerait être des statues d’art moderne. D’après les plans il comporterait une salle de concert, quelques autres de conférences ainsi qu’un restaurant et un café, mais là encore fermé et désert. A travers les façades en verre fumé nous apercevons des silhouettes floues mais en aucun cas nous n’osons en interpeller une. Il y a un nombre impressionnant de miroirs qui fait que nous nous voyons partout.. Nous décidons de partir et reprenons le chemin de l’International House.

Sur le chemin nous apercevons un panneau indiquant une piscine couverte et une patinoire à 4km, nous décidons d’aller y jeter un œil, histoire de voir si nous ne pourrions pas nous y rendre le lendemain, mais après quelques centaines de mètres la route prends fin et nous décidons de ne pas nous entêter. Nous reprenons donc le chemin du centre ville, nous arrêtons à un McDo pour manger, et à un distributeur UFJ ouvert pour essayer nos cartes, et nous revoilà enfin en terrain connu. Nous faisons un ultime arrêt au Supermarché d’à cote pour acheter à boire (du Qoo bien sur) et au magasin de DVD pour prendre Lilo et Stitch et une édition collector du DVD de Nana (à 707 Yen) puis nous rentrons a l’International House où nous passons la soirée à regarder nos DVD et à manger des ramen.

Le lendemain j’entends frapper à ma porte, je mets donc mon oreiller sur ma tête. Mais dès lors impossible d’ignorer le chant des oiseaux et lorsque l’on frappe à ma porte pour la seconde fois je me lève pour ouvrir. J’y trouve Alex près a partir en expédition et me demandant ce que je fais. Il s’avère que les garçons avaient à nouveau décidé d’un commun d’accord mais sans m’en informer d’aller a Nagoya aujourd’hui. Je me prépare donc en quatrième vitesse et tandis que Fabien et moi rejoignons la gare en vélo, Alex (qui n’en a pas) et Mat (qui ne retrouve pas les clés du sien) vont prendre le train. Nous prenons donc le train et somnolons jusqu’à Nagoya. Mat nous guide alors dans un quartier qu’un ami lui a indiqué et qui s’avère être un quartier extrêmement riche où se trouve les grands magasins Mitsukoshi, l’équivalent japonais des Galeries Lafayette. Au détour d’une rue nous tombons sur une sorte de petite kermesse où des enfants dansent en habits traditionnels, nous signons une pétition pour une journée sans voitures, et écoutons vaguement des concerts guérillas (donnés en pleine rue). Au Japon il y a un nombre impressionnant de personnes embauchés pour vous donner des choses dans la rue, mouchoirs en papiers, sacs, prospectus, stylos et il est tout aussi impressionnant de voir le nombre de vent qu’ils peuvent se prendre. La plupart sont des étudiants. Nous regardons les habits et autres produits inabordables et après avoir maintes fois maudit l’ami de Mat pour nous avoir conseillé ce quartier aux “bons magasins” nous nous arrêtons dans un Cocoichi, restaurant de curry. Dans ce restaurant les curry sont classés par niveaux. Le niveau 10 étant le plus fort et ne pouvant être commandé que par des personnes ayant déjà mange du niveau 9 et 8 (et possédant une carte signée par l’un des gérants pour en attester). Nous nous contentons de prendre un curry normal (niveau l) tandis que Mat pleure sur un curry niveau 4. A l’une des sorties d’un centre commercial nous voyons un homme assis dont le travail est de compter le nombre de personnes qui entrent et sortent, hommes et femmes, nous le regardons hypnotisés un moment et continuons notre chemin. Puis nous faisons encore un peu de lèche vitrine avant de reprendre le train.

Arrivés à Toyohashi Mat et Alex rentrent tandis que nous allons impatiemment voir nos vélos. Il faut dire que le matin nous avons eu un doute quant à la légalité de l’emplacement choisi pour les garer. En effet il existe un garage à vélo qui coûte 100 yen la journée mais ayant acheté un vélo pour économiser le prix du train nous refusons de les payer et cherchons donc un emplacement en ville. Mais la plupart des emplacements sont limités à 1h. Heureusement notre choix s’est avéré judicieux et nos vélos sont toujours là. Nous avons pris un milk-shake et avons fait quelques magasins avant de nous diriger vers l’International House. Sur le chemin du retour nous nous sommes arrêtés une fois de plus au magasin de DVD ouvert 24h sur 24 (que j’appelle magasin de DVD car il est écrit DVD en gros dessus mais qui fait aussi librairie et CD) où j’ai découvert la sortie ce mardi de Cookies (magazine de prépublication de manga, sorte de picsou magazine mais sortant tout les mois la suite d’une série de manga, Cookies étant le magazine de prépublication où est diffusé Nana) avec un goodies spécial Nana. J’ai donc décidé de traîner Fabien au magasin mardi matin avant les cours afin de me le procurer (pour la modique somme de 400 yen = 3 euros 60). Une fois rentrés nous avons révisé notre japonais puis nous nous sommes couchés.

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