Cat in Japan

Carnet de voyage

Vélo

Initialement paru le vendredi 22 septembre 2006

En sortant du Média Center je suis donc allé acheter un stylo rouge puis nous nous sommes dirigés vers un magasin de vélo situé à proximité de la fac. Là j’ai forcé la main à Fabien pour qu’il prenne le vélo rouge et après avoir dûment rempli les papiers nous sommes partis à vélo, lui pédalant et moi sur le porte-bagage. Les vélos sont très répandus au Japon, pour reprendre l’expression de Julia “il y a plus de vélos que d’habitants” mais ce n’est pas pour autant que leur industrie du vélo a atteint des sommets de technologie. Au contraire leurs vélos n’ont pour la plupart même pas de vitesses, les VTT ? Connais pas. Ils sont quasiment tous identiques, sortes de vieux vélos pour femmes avec un panier a l’avant pour mettre ses courses. Rouler sur un tel vélo en France serait le comble du ridicule ici c’est parfaitement normal et c’est même cool. Les vélos sont munis d’un système de blocage. Une sorte d’anneau est placé dans les rayons de la roue afin de la bloquer, lorsque l’on insère notre clé dans le vélo l’anneau se débloque et nous pouvons donc rouler (la clé restant dans la serrure à se balloter), puis quand l’on désire s’arrêter nous n’avons qu’à reprendre la clé et l’anneau se referme immobilisant la roue. Certes quelqu’un peux toujours prendre votre vélo, mais pas en roulant il devra le porter. En tout cas c’est l’unique système de sécurité qui garantisse que votre vélo soit encore là à votre retour. Ici pas de cadenas. Nous avons même vu un vélo dont le propriétaire avait laissé ses affaires dans le panier.

Sur ce nous arrivons à un passage piéton et attendons le passage du feu au vert. Un policier sort alors du Koban ( petite maisonnette substitut de commissariat qui se trouve à quasiment chaque coin de rue et auquel on peut se renseigner si on est perdus entre autre) et nous aborde, nous demandant si l’on parle japonais. Nous lui répondons que nos moyens sont limités et il nous explique alors avec des mots très simples qu’il est interdit de monter à deux sur un vélo. Vous comprenez l’économie japonaise tournant exclusivement autour de la vente de vélo ils ne peuvent se permettre qu’il y en ai un pour deux. Nous nous excusons donc platement et après nous avoir demandé si nous étions de l’université il nous souhaite une bonne journée. Nous retournons donc au magasin de vélo, moi pédalant et Fabien courant, et nous achetons un deuxième vélo. Je récupère le rouge et Fabien choisit un sympathique vélo bleu. Nous mettons nos sacs dans les petits paniers et nous voila partis, jouant de notre sonnette pour un oui ou un non.

pont

Nous passons devant l’International House et continuons notre chemin. Nous décidons de nous arrêter dans un magasin proposant des livres et des DVD afin de trouver des livres pour enfants sur lesquels nous pourrions travailler. Une dame se dirige vers le même magasin puis arrivée à quelques mètres fait demi tour, remonte dans sa voiture et s’en va. Nous entrons. Il s’avère que les Kanjis que nous n’avions pas pu déchiffrer sur la vitrine opaque signifiaient “Sex Shop” et que les DVD et livres en questions n’étaient pas destinés aux enfants. En plus de ces produits ils disposaient d’un sympathique stock de costumes d’infirmières et de serveuses. Nous ne nous attardons pas dans ce magasin et repartons de plus belle sur nos vélos. Nous passons devant le restaurant où nous avions petit déjeuné le premier jour, puis devant notre supermarché habituel, puis passé un pont me voila en territoire inconnu. Fabien qui a déjà pris ce chemin à vélo avec Matt me guide et après 20 minutes de promenade dans de petites ruelles, au dessus d’une voie ferrée, et sur une côte (à pieds) nous arrivons en centre ville. Nous prenons un milk-shake pour nous récompenser de l’effort fourni puis nous entrons à Book Off, librairie proposant des livres d’occasion et que l’on peut aussi trouver en France dans le quartier d’Opéra. Après avoir vainement cherché un tome de Nana dans l’innombrable masse de mangas, je me choisis un livre à la difficulté modérée afin de tenter de le déchiffrer (inochi no ki, l’arbre de vie, 200 yen = 1 euro 60) puis nous partons à la recherche de Qoo. Nous remontons la rue afin de parvenir au centre commercial quand Hitomi et Nana me hèlent de l’autre cote de la rue. Elles viennent de se trouver un petit boulot (baito) dans un restaurant coréen. Elles nous accompagnent dans le supermarché mais ne trouvant ni Qoo ni Crunky qui fait sauter les caniches nous décidons de rentrer et de nous arrêter à notre magasin habituel sur le chemin. Nous décidons de faire un détour par un Toys R Us et nous amusons un moment de tout les gadgets, accessoires pour DS et jeux vidéos rigolos à disposition puis nous nous rendons à Frante, le grand magasin ouvert 24h sur 24.

Il faut préciser que depuis le début de notre voyage nous ne trouvons de Qoo que dans les distributeurs (ou au McDo) et en petites bouteilles, après avoir vainement cherché dans de nombreux magasins nous en étions venus à penser que les grandes bouteilles de Qoo (de type 1L5) n’existaient pas, c’est là qu’un rayon de lumière nous éclaira dans notre malheur et nous découvrîmes une pile de Qoo à l’orange. Ce n’était pas encore notre bon vieux Qoo a la pomme mais c’était un début. Nous nous séparâmes alors et tandis que je trouvais les Nikuman, Fabien, lui, trouva le saint graal. Puis nous cherchâmes ensemble le Crunky et en trouvâmes finalement au rayon barres chocolatée. Fiers d’avoir atteints tout nos objectifs comestibles de la soirée nous rentrâmes donc à l’International House.

Après nous être abreuvés de Qoo et rassasiés de Nikuman, nous avons scrupuleusement révisé le vocabulaire de la journée puis avons commencé à déchiffrer les livres que nous avions achetés, aidés de la DS et d’un dictionnaire trouvé dans le couloir. En effet les précèdent locataires ont laissé dans une bibliothèque dans le couloir quelques ouvrages qui ne leur étaient plus nécessaires tels dictionnaires, bibles et mangas. Nous étions en pleine traduction lorsque l’on frappa à la porte. Persuadée qu’il s’agit d’Alex je me contente d’un “oeeee” puis ne voyant aucune réaction je me lève pour ouvrir la porte. Il s’avéra que bien loin d’être Alex il s’agissait d’une étudiante chinoise qui venait me remettre un mot de la précédente locataire de mon appartement (Aurélie) celle à qui je dois la présence de toutes ces choses sympathiques dans mon placard. Ce mot nous informa qu’elle rencontrait, lorsqu’elle était au Japon, une dame désirant s’exercer à la conversation française, toutes les deux semaines, dans un bar du centre ville. Cette dame parle et comprend à priori très bien le français et désire juste le pratiquer durant une heure en échange d’une rémunération conséquente de 5000 yen (47 euros) pour chaque séance. Désirant continuer malgré le départ d’Aurélie elle désirerait que l’on prenne sa relève et a donc demandé à Aurélie de nous faire parvenir ses coordonnées. Ravi de cette nouvelle perspective d’entrée d’argent nous bûmes un Qoo pour fêter la nouvelle. Puis allâmes nous coucher.

Ce matin avait lieu le test de niveau dont nous avons été exemptés étant donné notre niveau bien inférieur, mais Alexandre a tout de même tenu à le passer et en est revenu avec Matt mort de rire nous racontant qu’ils avaient finalement tiré les réponses au sort. Quant à nous, nous nous sommes levés bien plus tard et nous sommes rendus à vélo au cours de civilisation japonaise où l’on s’adonna à un petit jeu. Après avoir bande les yeux de Fabien avec une serviette on lui plaça entre les mains diverses parties d’un visage a replacer sur ce dernier a l’aide de magnet tandis que nous lui criions tous en chœur des indications plus ou moins justes sur l’emplacement présumés de tel œil ou tel nez. Avec ensuite un peu plus de sérieux on nous distribua les polycopiés des cours puis on nous laissa partir. Nous avons acheté des sandwichs pour déjeuner (126 yen = moins d’un euro) puis sommes allé au média center où j’ai commençé à rédiger ce billet. Puis nous sommes retournés en cours, de grammaire cette fois. Suzuki sensei nous fit passer un petit test de niveau puis nous pûmes partir. Il semblerait que les professeurs ne se formalisent pas plus que ça des horaires puisque nous avons toujours été libéré en avance. Ravis d’être déjà en week-end nous nous sommes donc rendu au média center pour mettre a jour le blog.

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