Karaoké
Initialement paru le mardi 19 septembre 2006
J’ai donc rejoint les autres (les autres désignant à partir de maintenant les deux étudiants hawaïens, les deux taïwanaises ainsi que nous 3 français) et nous sommes rentrés a l’International House. Pour le diner chacun devait faire un plat de son pays mais en définitif nous n’avons rien fait du tout et avons dévoré les yakisoba faites par Hitomi, l’okonomiyaki de Nana, le bœuf saute de Jin (nouveau venu dans les “autres”, très sympathique coréen quasiment bilingue en japonais) ainsi que le curry de Mat comme des cafards. Le tout copieusement arrosé de thé glacé, saké et d’un cocktail au café fait par John (en effet John semble ne jamais voyager sans son mixer à cocktail). Puis peu avant minuit le mot de Karaoké a été prononcé et en deux secondes nous étions tous dans la rue en route pour le train.
Arrivés à la gare de Toyohashi, Jin l’expert des lieux, étant là depuis mars, nous guida dans une ruelle adjacente à une grande avenue marchande et nous fit entrer dans un karaoké. L’entrée semble être celle d’un hôtel. Un groom se tient derrière un comptoir et nous propose différentes sortes de salles. Evidemment nous regardons bouger ses lèvres sans comprendre un traitre mot mais en une demi-milli-seconde Jin a réglé l’affaire et nous voila dans un ascenseur qui nous emmène devant ce qui semble être la porte d’un appartement. En effet les salles de karaoké sont en tous points semblables à un petit appartement. A l’entrée on se déchausse pour enfiler des chaussons, il y a des toilettes ainsi qu’un lavabo et une table basse entourée de banquettes. Des menus sont disponibles et nous pouvons commander boissons et nourriture avec le téléphone disposé près de la porte. De gros annuaires jonchent la table et sont en fait les listes de chansons disponibles, nous disposons aussi d’un écran tactile recensant tout les titres avec un moteur de recherche par chanteur ou titre. Jin ouvre le jeu… et nous enlève toute envie de nous essayer au karaoké. Il chante comme un dieu, ça c’est dit. Puis Mat prends la relève et là nous nous cachons sous la table, oui oui littéralement, tellement nous mourrons de honte de prendre le micro. Mat est aussi un dieu. Là les deux taïwanaises nous enchaînent avec un magnifique duo en chinois et mettant de côté notre amour propre nous choisissons des chansons en anglais pour débuter. Les garçons commandent des boissons et de plus en plus de chansons apparaissent en file d’attente. Le fait est que le temps passe a une vitesse ahurissante quand on s’amuse dans une salle de karaoké et après radiohead, gwen stefani, cake, walt disney, joe hisaichi, anna tsuchiya j’en passe et des meilleures, il est déjà 3h et nous rendons la salle. La soirée nous sera revenu à un peu moins de 4 euros 50 par personne (sans boissons).
Si les trains roulaient toute la nuit ce serait le rêve mais à cette heure-ci le service est malheureusement fini nous arrêtons donc 2 taxis. Au Japon il ne suffit pas de donner une adresse au conducteur, ce serait trop simple, il faut lui indiquer le chemin, là encore Jin tel un sauveur le guide en haut de notre rue (à peu près 2 euros 50 par personne, tarif de nuit) où nous attendons le deuxième taxi puis nous rentrons nous coucher nous donnant rendez-vous le lendemain à 10h pour nous rendre a Nagoya.
Le lendemain a 10h nous attendons en vain les taïwanaises qui ne semblent pas réussir a se lever et nous partons finalement sans elles. Nous nous rendons à la gare où nous achetons nos billets pour Nagoya. Au Japon les lignes de chemins de fer sont privatisées, on peut donc jouer sur la concurrence pour obtenir un billet moins cher. Au lieu de prendre la Japan Rail nous avons donc pris une ligne locale qui fait un tarif spécial de 1500 Yen sur les aller-retour Nagoya le week-end (à peu près 12 euros). Et nous voila dans un train rouge rutilant qui nous emmène en 1h à Nagoya. Une fois sur place Jin nous entraine dans le métro. Sur les quais du métro sont peintes des lignes qui désignent l’emplacement des portes et dessinent une sorte de couloir. Les gens attendent dans ces couloirs avec une discipline effarante et si le métro est plein ils restent à attendre dans leur couloir. Les gens sont donc tous alignés deux par deux, en files bien nettes, chose inimaginable dans le métro parisien. Après un changement nous montons à la surface et nous retrouvons dans le quartier d’Osu, quartier a la mode où les jeunes passent leurs après-midi. L’entrée du quartier est marquée par une grande porte rouge et un temple devant lequel se rassemblent les pigeons, une petite fille est d’ailleurs en train de les nourrir et pousse des cris hystériques dès que l’un deux se pose sur son épaule, ce qui ne les effraient pas le moins du monde.
Nous nous dirigeons vers un petit restaurant afin de déjeuner et mon choix se porte sur du porc pané. Après le repas nous nous séparons en deux groupes afin de faire du shopping et de découvrir les rues avoisinantes. A chaque coin de rue, et même entre les coins, il ya de nombreux distributeurs, de boissons chaudes et froides, mais aussi de cigarettes, je n’ai pas encore vu les fameux distributeurs de chemises ou de parapluies. C’est plus une visite de magasins que du véritable shopping (bien que Fabien en profite pour s’acheter des vêtements plus chauds pour cet hiver). Il y a beaucoup de magasins de vêtements, a la mode, rétro surtout, mais aussi traditionnels, ainsi que de bazars remplis de jouets pour enfants et de stands de nourriture. A un croisement nous tombons sur un manekineko géant (ces gros chats qui agitent la patte pour attirer la bonne fortune dans les magasins) et des bannières encourageant les dragons, l’équipe de base-ball locale.
Vers 3h nous nous apprêtons à rejoindre le groupe mais notre non-sens de l’orientation commun nous entraine près d’un charmant petit temple gardé par des renards (Kitsune), esprit gardiens. Nous finissons par retrouver la place aux pigeons et Mat nous quitte alors pour rejoindre des amis à lui tandis que nous rentrons à Toyohashi. Dans le métro je trouve une barrette en forme de fleur que je remets à un contrôleur, oui ca peut paraître anodin mais en France le sentiment premier aurait été “chouette une barrette”, alors qu’influencé par l’esprit japonais les objets perdus semblent être la seule option.
Une fois revenus à la gare de Toyohashi je demande a Jin de nous emmener faire des Purikura (abréviation de Print Club qui sont de petites photos que l’on peut prendre dans des sortes de photomaton). Il nous guide jusqu’à un magasin rose rempli de ces photomatons où nous rentrons joyeusement avant de nous faire mettre a la porte. En effet ce magasin de purikura était entièrement réservé aux filles, et Jin, Fabien, John et Alexandre n’en étant pas nous nous sommes faits congédiés. Nous descendons donc dans une salle d’arcade qui dispose aussi de Purikura et entrons dans l’un deux choisi au hasard. Il s’avère que ce dernier dispose d’une plate forme qui monte et descends au fur et a mesure de la séance photo afin de nous prendre sous différents angles. Pour 400 Yen (donc 100 Yen par personne, moins de 70 cents) nous commençons donc notre séance photo. Nous enchaînons les poses alors qu’un ventilateur fait voler nos cheveux au vent et que derrière nous des panneaux défilent afin de changer la couleur de fond. Puis nous sortons de la cabine et nous rendons sur le côté de la machine où nos photos apparaissent sur un écran tactile. Muni de deux stylets nous dessinons alors, insérant de petites images ou des cadres sur nos photos et une fois satisfaits les récupérons dans un petit bac. Il est possible de choisir des plaquettes de 16, 24, 32 photos, leur taille diminuant avec le nombre. Une table est à disposition à côté des machines avec une paire de ciseaux pour se partager les photos. Nous profitons de l’occasion pour faire quelques jeux (guitar freaks (20 cents la partie) et DDR (70 cents)) puis nous nous rendons au magasin d’AU, autrement dit le magasin de portable. Mon portable est arrivé et nous attendons une demi-heure que la vendeuse le configure puis je repars toute heureuse. Fabien me transfert ses contacts via un système infra-rouge, et donc gratuit, et je me découvre des talents d’écriture en japonais. En effet le portable propose automatiquement des formulations de phrases ou des kanjis qui ne me seraient jamais venus a l’esprit et qui me font passer pour plus douée que je ne le suis. Nous découvrons un dictionnaire japonais-anglais mais aussi un mode rafale pour l’appareil photo. Une fois rentrés à l’International House nous décidons de ressortir, Fabien et moi, pour aller manger à McDo, une fois n’est pas coutume.
Nous nous rendons donc au supermarché du bout de la rue (bout de la rue qui se trouve tout de même à 5 bonnes minutes). Nous commandons nos menus qui sont à peu de choses près semblables aux menus français (le peu de chose près étant un hamburger à la crevette, un à l’œuf et un autre au bœuf sauté), et nous nous voyons remettre un ticket numéroté. Nous attendons donc sagement que l’hôtesse appelle notre numéro et nous remette notre plateau. Ici aussi il y a du Qoo, le Qoo est une boisson proposée par the Coca Cola company (pour changer) et qui est…. du jus de pomme, avec quelque chose en plus d’indéfinissable, et qui est devenue notre boisson officielle. Sur les bouteilles il y a Qoo, un petit bonhomme bizarre et bleu avec un pic sur la tête, qui joue généralement avec une pomme et qui a des amis différents selon les bouteilles. Une légende prétend qu’il existerait du Qoo à l’orange mais ce serait sacrilège que d’être infidèle au Qoo à la pomme.
Le repas terminé nous rentrons a l’International House et nous nous couchons car le lendemain une grosse journée nous attends.