Cat in Japan

Carnet de voyage

Apocalypse now

Initialement paru le mercredi 27 septembre 2006

Vendredi soir en sortant du Média Center nous sommes donc rentrés à l’International House. Puis nous sommes ressortis Fabien, Alex, Mat et moi à vélo pour aller en ville. Nous nous sommes arrêtés dans un restaurant où nous avons commandé différentes sortes de tsukune, poulet embroché sur un bâton assaisonné de différentes manières, afin d’accompagner une bière blanche japonaise. Puis nous sommes allé dans un bar à la déco hawaïenne pour goûter la bière Ebisu (autre bière japonaise) et faire une partie de fléchettes (les garçons uniquement je tenais à ne blesser personne), Mat a gagné haut la main il faut dire qu’il a été serveur et jouait souvent aux fléchettes. Nous avons ensuite repris nos vélos pour nous rendre à un petit restaurant auquel Mat et Fabien étaient déjà allé et où nous avons mangé du poulet cru (délicieux) ainsi que du poulet moins cru (mais pas cuit pour autant, toujours délicieux) et de nouveau des tsukune (de loin les meilleures de la soirée). Mat a commandé la bière pour nous et s’est senti obligé de prendre des choppes plus grosses que ma tête. Quant à lui il a opté pour un mélange de saké et de thé. Nous avons alors repris nos vélos et sommes allé au Sukiya du coin pour manger un curry. Puis nous sommes rentrés a l’International House où nous avons mangé du kimchi (sorte de chou épicé coréen) ainsi que du poulpe épicé toujours accompagné de bière. Nous sommes alors allé nous coucher, nous donnant rendez vous à 9h le lendemain pour aller à Nagoya.

Le lendemain je suis donc descendue de mon étage réservé aux filles à 9h et ne voyant personne ai frappé à la porte de Fabien qui, roulant hors de son lit, m’appris qu’ils avaient d’un commun d’accord abandonné l’idée de se lever ce matin et donc d’aller a Nagoya. Je suis donc retournée dans ma chambre et était en train de travailler du japonais en regardant la télé quant Lee vint frapper à ma porte pour me dire qu’un facteur attendait ma signature en bas. Lee a probablement du frappé à la porte de tout le monde car il s’avéra que le facteur venait apporter nos cartes de crédit (rouges, j’ai depuis découvert qu’il existait des cartes de crédit Nana et ai du me retenir de changer de banque). Nous avons donc dûment “signé” le papier ( “signer” consistant à écrire son nom) et tout le monde est reparti dans sa chambre.

Peu de temps après, Fabien, réveillé pour de bon cette fois est venu voir et nous avons décidé de nous rendre à la fac afin de nous connecter sur internet, d’essayer nos cartes de crédit dans le distributeur UFJ (UFJ étant notre banque) et de faire quelques courses au magasin de l’université. Prenant son vélo Fabien s’est aperçu que son guidon était mal vissé et qu’il risquait de mourir a chaque coin de rue, nous nous sommes donc d’abord rendus au magasin de vélo où après quelques coups de clé Allen, Fabien et moi avons pu repartir en toute sécurité et sonnetant de plus belle (“sonnetant” du verbe “sonneter” = jouer de sa sonnette). Nous nous sommes donc rendus à la fac où nous avons trouvé le distributeur UFJ fermé (il faut savoir qu’au Japon les distributeurs ne sont pas en libre accès, ils sont soit a l’intérieur des banques et donc fermés le week-end et la nuit, soit dans des espèces de petites cabanes en verre où un rideau de fer est tiré la nuit et les week-end donc si vous avez oublié de retirer de l’argent le vendredi soir dommage parce que la carte de crédit en tant que moyen de paiement direct n’existe quasiment pas au japon), ainsi que le Média Center et le magasin. Fort de cet apprentissage (le samedi a pas la fac) nous avions donc décidé de rentrer quand Fabien sorti la phrase décisive “Ya quoi par là, on y va ?”. Nous y sommes donc allé.

“Par là” désignait une grande rue qui partait a l’opposé de la fac. Après plusieurs centaines de mètres nous nous sommes arrêtés dans un combini (abréviation de convenience store, magasin ouvert 24h sur 24) où Fabien s’est acheté des sandwichs, puis nous avons continué joyeusement jusqu’à tomber sur un panneau « Port de Toyohashi 8km ». Nous avons donc bifurqué et décidé de suivre ce panneau. Là commença notre périple, tout en ligne droite ou presque. Nous nous sommes arrêtés de temps en temps pour entrer dans tel magasin de DVD ou tel combini, et après être sorti du paysage habituel de la ville nous sommes passés dans une sorte de banlieue où il y avait moins de maisons et quelques champs pour arriver enfin à l’apocalypse. C’est venu doucement, d’abord il n’y avait plus de maisons sur le bord de la route mais des Stations services et des magasins de pneus pour camions, que ça, pleiiin de magasins de pneus. Il y avait encore un peu de voitures alors, mais plus nous nous approchions du port plus c’était désert. Nous avons fini complètement seuls sur la quatre voies, plus de voitures, plus âme qui vive, et nous sommes arrivés au port. Un paysage de science fiction, sur une île une immense usine orange avec de gigantesques tuyaux enroulés tout autour crachait des nuages de fumée, la description s‘avère difficile mais elle était tout droit sorti d’un Miyazaki, un mix entre l’établissement des bains de Chihiro et le château ambulant. Sur les quais des grues immobiles et des monceaux de ferraille s’entassaient. Partagés entre le rire, l’ambiance glauque et l’euphorie d’être seuls au monde (nous nous attendions à tout moment à voir un zombie sortir d’un bar pour marin qui semblait à l’abandon) nous avons fait demi tour (après avoir entre aperçu la mer entre deux grues) et nous sommes arrêtés à un bâtiment dénommé « Toyohashi Life Port », bâtiment très récent entouré de palmiers, avec un sympathique plan d’eau et ce qui semblerait être des statues d’art moderne. D’après les plans il comporterait une salle de concert, quelques autres de conférences ainsi qu’un restaurant et un café, mais là encore fermé et désert. A travers les façades en verre fumé nous apercevons des silhouettes floues mais en aucun cas nous n’osons en interpeller une. Il y a un nombre impressionnant de miroirs qui fait que nous nous voyons partout.. Nous décidons de partir et reprenons le chemin de l’International House.

Sur le chemin nous apercevons un panneau indiquant une piscine couverte et une patinoire à 4km, nous décidons d’aller y jeter un œil, histoire de voir si nous ne pourrions pas nous y rendre le lendemain, mais après quelques centaines de mètres la route prends fin et nous décidons de ne pas nous entêter. Nous reprenons donc le chemin du centre ville, nous arrêtons à un McDo pour manger, et à un distributeur UFJ ouvert pour essayer nos cartes, et nous revoilà enfin en terrain connu. Nous faisons un ultime arrêt au Supermarché d’à cote pour acheter à boire (du Qoo bien sur) et au magasin de DVD pour prendre Lilo et Stitch et une édition collector du DVD de Nana (à 707 Yen) puis nous rentrons a l’International House où nous passons la soirée à regarder nos DVD et à manger des ramen.

Le lendemain j’entends frapper à ma porte, je mets donc mon oreiller sur ma tête. Mais dès lors impossible d’ignorer le chant des oiseaux et lorsque l’on frappe à ma porte pour la seconde fois je me lève pour ouvrir. J’y trouve Alex près a partir en expédition et me demandant ce que je fais. Il s’avère que les garçons avaient à nouveau décidé d’un commun d’accord mais sans m’en informer d’aller a Nagoya aujourd’hui. Je me prépare donc en quatrième vitesse et tandis que Fabien et moi rejoignons la gare en vélo, Alex (qui n’en a pas) et Mat (qui ne retrouve pas les clés du sien) vont prendre le train. Nous prenons donc le train et somnolons jusqu’à Nagoya. Mat nous guide alors dans un quartier qu’un ami lui a indiqué et qui s’avère être un quartier extrêmement riche où se trouve les grands magasins Mitsukoshi, l’équivalent japonais des Galeries Lafayette. Au détour d’une rue nous tombons sur une sorte de petite kermesse où des enfants dansent en habits traditionnels, nous signons une pétition pour une journée sans voitures, et écoutons vaguement des concerts guérillas (donnés en pleine rue). Au Japon il y a un nombre impressionnant de personnes embauchés pour vous donner des choses dans la rue, mouchoirs en papiers, sacs, prospectus, stylos et il est tout aussi impressionnant de voir le nombre de vent qu’ils peuvent se prendre. La plupart sont des étudiants. Nous regardons les habits et autres produits inabordables et après avoir maintes fois maudit l’ami de Mat pour nous avoir conseillé ce quartier aux “bons magasins” nous nous arrêtons dans un Cocoichi, restaurant de curry. Dans ce restaurant les curry sont classés par niveaux. Le niveau 10 étant le plus fort et ne pouvant être commandé que par des personnes ayant déjà mange du niveau 9 et 8 (et possédant une carte signée par l’un des gérants pour en attester). Nous nous contentons de prendre un curry normal (niveau l) tandis que Mat pleure sur un curry niveau 4. A l’une des sorties d’un centre commercial nous voyons un homme assis dont le travail est de compter le nombre de personnes qui entrent et sortent, hommes et femmes, nous le regardons hypnotisés un moment et continuons notre chemin. Puis nous faisons encore un peu de lèche vitrine avant de reprendre le train.

Arrivés à Toyohashi Mat et Alex rentrent tandis que nous allons impatiemment voir nos vélos. Il faut dire que le matin nous avons eu un doute quant à la légalité de l’emplacement choisi pour les garer. En effet il existe un garage à vélo qui coûte 100 yen la journée mais ayant acheté un vélo pour économiser le prix du train nous refusons de les payer et cherchons donc un emplacement en ville. Mais la plupart des emplacements sont limités à 1h. Heureusement notre choix s’est avéré judicieux et nos vélos sont toujours là. Nous avons pris un milk-shake et avons fait quelques magasins avant de nous diriger vers l’International House. Sur le chemin du retour nous nous sommes arrêtés une fois de plus au magasin de DVD ouvert 24h sur 24 (que j’appelle magasin de DVD car il est écrit DVD en gros dessus mais qui fait aussi librairie et CD) où j’ai découvert la sortie ce mardi de Cookies (magazine de prépublication de manga, sorte de picsou magazine mais sortant tout les mois la suite d’une série de manga, Cookies étant le magazine de prépublication où est diffusé Nana) avec un goodies spécial Nana. J’ai donc décidé de traîner Fabien au magasin mardi matin avant les cours afin de me le procurer (pour la modique somme de 400 yen = 3 euros 60). Une fois rentrés nous avons révisé notre japonais puis nous nous sommes couchés.

Photos

Initialement paru le lundi 25 septembre 2006

Je viens d’uploader les photos, malheureusement cela m’a pris trop de temps je m’occuperai donc des nouvelles demain.

trio

Vélo

Initialement paru le vendredi 22 septembre 2006

En sortant du Média Center je suis donc allé acheter un stylo rouge puis nous nous sommes dirigés vers un magasin de vélo situé à proximité de la fac. Là j’ai forcé la main à Fabien pour qu’il prenne le vélo rouge et après avoir dûment rempli les papiers nous sommes partis à vélo, lui pédalant et moi sur le porte-bagage. Les vélos sont très répandus au Japon, pour reprendre l’expression de Julia “il y a plus de vélos que d’habitants” mais ce n’est pas pour autant que leur industrie du vélo a atteint des sommets de technologie. Au contraire leurs vélos n’ont pour la plupart même pas de vitesses, les VTT ? Connais pas. Ils sont quasiment tous identiques, sortes de vieux vélos pour femmes avec un panier a l’avant pour mettre ses courses. Rouler sur un tel vélo en France serait le comble du ridicule ici c’est parfaitement normal et c’est même cool. Les vélos sont munis d’un système de blocage. Une sorte d’anneau est placé dans les rayons de la roue afin de la bloquer, lorsque l’on insère notre clé dans le vélo l’anneau se débloque et nous pouvons donc rouler (la clé restant dans la serrure à se balloter), puis quand l’on désire s’arrêter nous n’avons qu’à reprendre la clé et l’anneau se referme immobilisant la roue. Certes quelqu’un peux toujours prendre votre vélo, mais pas en roulant il devra le porter. En tout cas c’est l’unique système de sécurité qui garantisse que votre vélo soit encore là à votre retour. Ici pas de cadenas. Nous avons même vu un vélo dont le propriétaire avait laissé ses affaires dans le panier.

Sur ce nous arrivons à un passage piéton et attendons le passage du feu au vert. Un policier sort alors du Koban ( petite maisonnette substitut de commissariat qui se trouve à quasiment chaque coin de rue et auquel on peut se renseigner si on est perdus entre autre) et nous aborde, nous demandant si l’on parle japonais. Nous lui répondons que nos moyens sont limités et il nous explique alors avec des mots très simples qu’il est interdit de monter à deux sur un vélo. Vous comprenez l’économie japonaise tournant exclusivement autour de la vente de vélo ils ne peuvent se permettre qu’il y en ai un pour deux. Nous nous excusons donc platement et après nous avoir demandé si nous étions de l’université il nous souhaite une bonne journée. Nous retournons donc au magasin de vélo, moi pédalant et Fabien courant, et nous achetons un deuxième vélo. Je récupère le rouge et Fabien choisit un sympathique vélo bleu. Nous mettons nos sacs dans les petits paniers et nous voila partis, jouant de notre sonnette pour un oui ou un non.

pont

Nous passons devant l’International House et continuons notre chemin. Nous décidons de nous arrêter dans un magasin proposant des livres et des DVD afin de trouver des livres pour enfants sur lesquels nous pourrions travailler. Une dame se dirige vers le même magasin puis arrivée à quelques mètres fait demi tour, remonte dans sa voiture et s’en va. Nous entrons. Il s’avère que les Kanjis que nous n’avions pas pu déchiffrer sur la vitrine opaque signifiaient “Sex Shop” et que les DVD et livres en questions n’étaient pas destinés aux enfants. En plus de ces produits ils disposaient d’un sympathique stock de costumes d’infirmières et de serveuses. Nous ne nous attardons pas dans ce magasin et repartons de plus belle sur nos vélos. Nous passons devant le restaurant où nous avions petit déjeuné le premier jour, puis devant notre supermarché habituel, puis passé un pont me voila en territoire inconnu. Fabien qui a déjà pris ce chemin à vélo avec Matt me guide et après 20 minutes de promenade dans de petites ruelles, au dessus d’une voie ferrée, et sur une côte (à pieds) nous arrivons en centre ville. Nous prenons un milk-shake pour nous récompenser de l’effort fourni puis nous entrons à Book Off, librairie proposant des livres d’occasion et que l’on peut aussi trouver en France dans le quartier d’Opéra. Après avoir vainement cherché un tome de Nana dans l’innombrable masse de mangas, je me choisis un livre à la difficulté modérée afin de tenter de le déchiffrer (inochi no ki, l’arbre de vie, 200 yen = 1 euro 60) puis nous partons à la recherche de Qoo. Nous remontons la rue afin de parvenir au centre commercial quand Hitomi et Nana me hèlent de l’autre cote de la rue. Elles viennent de se trouver un petit boulot (baito) dans un restaurant coréen. Elles nous accompagnent dans le supermarché mais ne trouvant ni Qoo ni Crunky qui fait sauter les caniches nous décidons de rentrer et de nous arrêter à notre magasin habituel sur le chemin. Nous décidons de faire un détour par un Toys R Us et nous amusons un moment de tout les gadgets, accessoires pour DS et jeux vidéos rigolos à disposition puis nous nous rendons à Frante, le grand magasin ouvert 24h sur 24.

Il faut préciser que depuis le début de notre voyage nous ne trouvons de Qoo que dans les distributeurs (ou au McDo) et en petites bouteilles, après avoir vainement cherché dans de nombreux magasins nous en étions venus à penser que les grandes bouteilles de Qoo (de type 1L5) n’existaient pas, c’est là qu’un rayon de lumière nous éclaira dans notre malheur et nous découvrîmes une pile de Qoo à l’orange. Ce n’était pas encore notre bon vieux Qoo a la pomme mais c’était un début. Nous nous séparâmes alors et tandis que je trouvais les Nikuman, Fabien, lui, trouva le saint graal. Puis nous cherchâmes ensemble le Crunky et en trouvâmes finalement au rayon barres chocolatée. Fiers d’avoir atteints tout nos objectifs comestibles de la soirée nous rentrâmes donc à l’International House.

Après nous être abreuvés de Qoo et rassasiés de Nikuman, nous avons scrupuleusement révisé le vocabulaire de la journée puis avons commencé à déchiffrer les livres que nous avions achetés, aidés de la DS et d’un dictionnaire trouvé dans le couloir. En effet les précèdent locataires ont laissé dans une bibliothèque dans le couloir quelques ouvrages qui ne leur étaient plus nécessaires tels dictionnaires, bibles et mangas. Nous étions en pleine traduction lorsque l’on frappa à la porte. Persuadée qu’il s’agit d’Alex je me contente d’un “oeeee” puis ne voyant aucune réaction je me lève pour ouvrir la porte. Il s’avéra que bien loin d’être Alex il s’agissait d’une étudiante chinoise qui venait me remettre un mot de la précédente locataire de mon appartement (Aurélie) celle à qui je dois la présence de toutes ces choses sympathiques dans mon placard. Ce mot nous informa qu’elle rencontrait, lorsqu’elle était au Japon, une dame désirant s’exercer à la conversation française, toutes les deux semaines, dans un bar du centre ville. Cette dame parle et comprend à priori très bien le français et désire juste le pratiquer durant une heure en échange d’une rémunération conséquente de 5000 yen (47 euros) pour chaque séance. Désirant continuer malgré le départ d’Aurélie elle désirerait que l’on prenne sa relève et a donc demandé à Aurélie de nous faire parvenir ses coordonnées. Ravi de cette nouvelle perspective d’entrée d’argent nous bûmes un Qoo pour fêter la nouvelle. Puis allâmes nous coucher.

Ce matin avait lieu le test de niveau dont nous avons été exemptés étant donné notre niveau bien inférieur, mais Alexandre a tout de même tenu à le passer et en est revenu avec Matt mort de rire nous racontant qu’ils avaient finalement tiré les réponses au sort. Quant à nous, nous nous sommes levés bien plus tard et nous sommes rendus à vélo au cours de civilisation japonaise où l’on s’adonna à un petit jeu. Après avoir bande les yeux de Fabien avec une serviette on lui plaça entre les mains diverses parties d’un visage a replacer sur ce dernier a l’aide de magnet tandis que nous lui criions tous en chœur des indications plus ou moins justes sur l’emplacement présumés de tel œil ou tel nez. Avec ensuite un peu plus de sérieux on nous distribua les polycopiés des cours puis on nous laissa partir. Nous avons acheté des sandwichs pour déjeuner (126 yen = moins d’un euro) puis sommes allé au média center où j’ai commençé à rédiger ce billet. Puis nous sommes retournés en cours, de grammaire cette fois. Suzuki sensei nous fit passer un petit test de niveau puis nous pûmes partir. Il semblerait que les professeurs ne se formalisent pas plus que ça des horaires puisque nous avons toujours été libéré en avance. Ravis d’être déjà en week-end nous nous sommes donc rendu au média center pour mettre a jour le blog.

Mail

Initialement paru le jeudi 21 septembre 2006

Vous pouvez désormais m’envoyer des mails sur mon portable à catinjapan@ezweb.ne.jp, évitez cependant les accents qui se transforment en Kanji et sachez que si vous joignez des images celles ci doivent être en JPEG et que si je désire les regarder je dois payer leur téléchargement en fonction du poids, donc on reste raisonnable. Mon abonnement étant limité je ne répondrai pas forcement à tous, du moins pas avec mon portable, mais n’hésitez pas à me spammer ça ne coûte rien et ça me fait plaisir.
Hier je suis donc rentrée à l’International House et Fabien m’a rejoins dans mon appartement afin que l’on révise un peu les cours du jour. Il s’avère que le radio-cassette trouvé précédemment dans l’armoire s’accompagnait des cassettes de tout nos cours, nous avons donc pu refaire les exercices oraux de la journée. Après avoir regardé pour la énième fois les vidéos du voyage (que vous aurez bientôt) nous avons préparé des spaghettis à la bolognaise puis nous sommes installés devant la télé pour une nouvelle émission bizarre. Il semblerait que les japonais adorent les travestis, leurs émissions en sont remplies mais bizarrement l’homosexualité est pour eux un tabou et même entre amis il est mal vu d’en parler (y compris entre jeunes). L’émission d’hier était une sorte d’amalgame de plein de jeux ridicules avec pour fil conducteur un homme habillé en « magical girl », fillette dotée de pouvoir magiques, autrement dit avec une mini jupe rose, des couettes, un bon tas de paillettes et du maquillage à ne plus savoir qu’en faire. Dans l’un des jeux trois vieilles femmes, particulièrement effrayantes dans leurs efforts pour paraître jeunes, remettaient leur sort entre les mains de travestis qui devaient effectuer des jeux afin de gagner pour elles un moment avec une star chinoise nommée Paku. Ce “moment” était en fait une sorte de remake d’une vie de couple dans un faux appartement construit sur le plateau et le tout scénarisé. La gagnante faisait semblant d’attendre que son mari rentre du travail et là Paku entrait en disant “bonsoir chérie désolée du retard” et pour se faire pardonner lui offrait un collier. Les perdantes quant a elles se voyaient forcées à effectuer la même scène avec une sorte de gros chauve, habillé d’un short en cuir noir, particulièrement affectueux.
Les émissions de télé sont coupées sans aucun avertissement par des pages de pubs toutes plus étranges les unes que les autres. Dans la plupart des spots nous ne savons même pas de quoi il s’agit. Nous apercevons Angelina Jolie dans une pub pour la société de cosmétiques japonaise Shiseido et nous décidons d’acheter du chocolat Crunky après avoir vu une pub avec des caniches sauteurs.
Vers 22h nous décidons de sortir dans le square qui jouxte notre résidence et jouons sur les jeux pour enfants. Fabien s’arrose en découvrant l’usage d’un robinet et s’amuse avec un panda géant. Puis nous rentrons et, après encore un peu de télé, nous couchons.
Ce matin après une loooongue douche je rejoins Fabien et Alex et nous partons pour le campus. Le campus de Toyohashi est particulièrement sympathique. Il dispose de grands terrains de sports où nous pouvons voir les joueurs des équipes de football américains et de baseball s’entrainer jusque tard dans la nuit, de son propre magasin, sa librairie, d’une foultitude de grands bâtiments numérotés, d’un centre de prêts de cassettes, DVD et scripts de films étrangers et japonais, d’une bibliothèque, d’un bon restaurant et le tout abondamment entouré de verdure. Des bâtiments très récents côtoient d’anciens bâtiments de l’armée vieux d’un siècle.

fac

Nous nous rendons au bâtiment 6, cinquième étage, afin d’assister à notre cours de conversation. Encore une fois un cours de présentation, je suppose que tous les cours vont se ressembler dans un premier temps. Nous nous présentons donc et répondons aux questions que nous posent les autres élèves. Puis Nakazaki-sensei mets une cassette vidéo… Et là Oh rage Oh désespoir nous découvrons avec horreur qu’il s’agit du fameux Yan-san, vidéo pédagogique que nous utilisions déjà en France, tournée dans les années 80, affreusement kitch et à voir la réaction des autres étudiants étrangers (allemands notamment) il semblerait qu’ils aient eu eux même à subir cette vidéo dans leur pays. Nous regardons donc un épisode de Yan-san puis Nakazaki-sensei nous laisse partir un peu en avance en nous demandant de nous procurer pour la semaine prochaine un manuel de conversation.
Nous nous rendons ensuite au média center où je rédige ce billet. Je vais maintenant me rendre à la papeterie de l’université afin d’acheter un stylo rouge, parce que les stylos rouges, c’est bien.

Voyage voyage ~

Initialement paru le mardi 19 septembre 2006

[HS] A la demande express de Fabien j’insère ici un événement qui a eu lieu à notre arrivée à l’aéroport mais que j’ai omis de mentionner : A notre arrivée au Japon nous nous sommes roulé par terre. Véridique. [/HS]

Le lendemain (Dimanche pour vous situer) nous nous rendons donc à l’université à 8h où nous sommes dispatchés dans deux Bus. En effet nous avons été rejoints par une pléiade de chinois, de brésiliens, de vietnamiens, d’allemands, de Laotiens et de Sri Lankais. Séparés de Mat, John, Hitomi et Nana nous nous retrouvons entourés de chinois et d’étudiants japonais qui participent à l’organisation du voyage. Nous essayons donc d’établir le contact tant bien que mal et nous commençons à nous faire des connaissances.
Le bus (climatisé évidemment comme tout ce qui se trouve au Japon et qui est climatisable) nous emmène loin du typhon qui est annoncé dans la région. En effet nous nous rendons au nord dans un lieu protégé. Lorsqu’un typhon est annoncé les cours sont automatiquement annulés, c’est une règle tacite et l’université n’émets pas d’informations particulières, les gens ne viennent pas, c’est tout.
Chaque bus se voit équipé d’une guide, une charmante jeune fille en uniforme, munie d’un bob, qui ne s’arrêtera pas de parler quoi que vous fassiez, et qui plus est a une lenteur que j’aurais cru impossible, probablement parce qu’étant étrangers elle pense que nous comprendrons mieux. Ce n’est pas le cas.
On nous distribue des paquets remplis de nourriture plus ou moins appétissante, chips, chips au poulpe, poulpe frit, crêpe de poulpe et cacahuètes enrobés de chocolat (il est important de préciser que le poulpe est loin d’être mon aliment favori) ainsi qu’un livret avec la liste des participants et leur numéro de bus, de table pour le dîner, de chambre d’hôtel, d’activité pour l’après-midi ainsi que diverses cartes des lieux où nous nous rendons. Nous tentons de dormir tandis que la guide débite et débite et débite…
Après une heure de trajet nous nous arrêtons pour faire une pause et nous sommes rejoins par un 3ème bus en provenance du campus de Nagoya, Les toilettes sont disponibles en style japonais (semblables aux toilettes turques) ou en style occidental (c’est a dire une cuvette comme nous avons l’habitude d’en voir mais munie d’une foultitude de boutons, jets d’eau chaude ou froide pour laver les fesses entre autres, ainsi que d’un haut parleur qui diffuse un bruit de chute d’eau pour que l’on ne vous entende pas). A l’entrée est disposé un panneau avec le plan des toilettes et des lumières qui indiquent leur disponibilité. Nous nous abreuvons de Qoo puis nous voila repartis pour 3h de trajet. Et la guide débite et débite et débite…
Nous nous arrêtons dans un lieu, pour l’instant inconnu de nous mais pas de tout les autres qui ont bu les paroles de notre bien-aimée guide ou qui savent déchiffrer les kanjis du livret, et nous sommes rapidement menés a l’étage d’un magasin qui semble être un atelier de nourriture artisanale, si je puis dire. Là une immense salle a été préparée a notre intention. Nous avons aperçu les autres clients assis à des tables mais c’est sur des tatamis et de façon traditionnelle que nous est servi notre repas.

Repas

Il est composé de nouilles soba sur lesquelles nous devons verser une indéfinissable sauce gluante, mais bonne, de tofu accompagné de sauce miso, de beignets de quelque chose d’indéfinissable mais pas le même indéfinissable que la sauce gluante rencontrée précédemment, de l’habituelle soupe miso, et d’autres choses indéfinissables…
Une fois le repas fini nous sommes menés en vitesse en haut de la colline ou nous découvrons enfin le nom de notre destination : Eiheiji, un temple d’une beauté effarante. Nous suivons alors la guide de notre bus qui agite un drapeau afin que l’on ne se perde pas et après nous avoir répété une trentaine de fois qu’il fallait être de retour 1h plus tard au bus nous sommes livrés a nous même dans l’enceinte du temple. Nous plaçons nos chaussures dans des sacs en plastiques et déambulons dans les couloirs rutilants de propreté. A chaque détour nous tombons sur un jardin, une lanterne, un autel qui attire notre regard. Tout ici est apaisant et beau.

Eiheiji

Passer l’après-midi ici à regarder le vent souffler dans les arbres plutôt que de remonter dans le bus ne me dérangerait pas outre mesure. Nous atteignons une salle où de jeunes moines prient, photographier ou filmer les moines est malheureusement interdit, leur psalmodie nous accompagne pendant quelques couloirs.
Nous ressortons finalement du temple, et dans la rue en pente qui nous ramène au bus les vendeurs reprennent en chœur leurs “irrashaimase” de bienvenue, le charme est rompu. C’est impressionnant de voir le nombre de “irrashaimase” que peut produire un vendeur, si vous entrez dans un périmètre de 20m de leur magasin ils se sentiront obligés de le crier à tue tête, ce qui dans un endroit très fréquenté revient à le dire sans discontinuer. De plus le réflexe occidental est de répondre quelque chose, mais non il faut les ignorer, c’est comme ca. On finit par se faire à cette indifférence à leur égard et ne leur adressons qu’un bref signe de tête si nos regards viennent à se croiser.
Le bus nous amène alors à Yu no Kuni no Mon, une sorte de village où sont regroupés des ateliers traditionnels, celui qui nous a été attribué est le “sandblasting” et nous suivons donc à nouveau notre petit drapeau. Le Sandblasting consiste en fait à dessiner une forme quelconque (par exemple l’égérie du Qoo pour Fabien) sur un papier autocollant puis de le coller sur un verre, ou, dans notre cas, un presse papier en verre. Puis nous plaçons ce presse papier dans une machine qui va projeter du sable dessus, ce qui polira le verre tout autour de notre dessin. Nous obtenons donc un presse papier orné de la tête de Qoo. Oui ca ne sert a rien, et nous avons par la suite découvert que les ateliers attribués aux autres étaient bien plus intéressants (laquage à la feuille d’or, décoration de boite à musique…). Mais le notre étant rapide nous avons profité de notre avance pour nous balader dans le village et avons découvert un gros Totoro.

Totoro

Intermède: Sachez que tout au long de ce voyage nous avons jeté des choses a la poubelle. Mais pas n’importe comment. Le tri est primordial au Japon et est naturel pour tout les japonais. II vous faut pas moins de 5 poubelles différentes au Japon. Une pour les bouteilles en verre et les boites de conserves, une pour les bouteilles PET (en plastique, mais attention sans les bouchons), une pour les sachets vinyles types sachet de chips et les emballages alimentaires, une pour les déchets de cuisine ou corporels et une pour le papier et le carton. Vous trouvez donc des poubelles a bouteilles près de chaque distributeur et pour le reste il vous faut attendre de trouver la poubelle adéquate.

Pour finir cette journée le bus nous emmène à l’hôtel. Mais pas n’importe quel hôtel, un immense hôtel muni d’une chapelle pour les mariages, de plusieurs salles de banquets et surtout d’un onsen. Je rejoins la chambre qui m’a été attribuée et rencontre alors Kika et Ayumi, respectivement chinoise et japonaise, qui partagerons ma chambre. Après avoir déposé nos affaires nous rejoignons les autres dans la grande salle où un diner nous attends. Je prends alors place à la table 17 après m’en être assurée sur le plan qui m’a été remis, avant de me rendre compte que le numéro 17 était celui de ma chambre et que pour le repas j’étais placée a la table 8, évidemment Fabien m’avait piqué ma place entretemps car lui même n’avait pu trouver la sienne et je me suis donc retrouvée debout durant le discours d’un vieux monsieur qui était a priori le directeur de l’université. Finalement je fus placé à une autre table et je pus commencer à manger après un toast au jus de pomme. II faut avouer que depuis notre arrivée notre jugement sur la nourriture japonaise s’est nettement modifié, ne connaissant que les sushi, sashimi, maki, brochettes et autres ramen et udon nous répondions avant sans hésiter que nous adorions la nourriture japonaise, le fait est qu’en dehors de ces plats les mets japonais sont plus qu’étranges. Je mangeais volontiers mon nabe (marmite ou ont bouilli des légumes de la viande et du poisson), ma soupe miso, du melon ainsi que divers poissons et croquettes, mais ne m’essaya pas a la gelée inidentifiable que l’on me mit sous le nez. A la fin du repas et à la suite d’un nouveau discours on m’enjoignit à me lever et avant que je puisse comprendre de quoi il retourne je me retrouvai debout devant l’assemblée à me présenter, les français, hawaïens, taïwanais et allemands me suivirent dans cette épreuve. Puis nous fûmes autorisés à retourner nous cacher. On nous annonça un jeu dans une demi heure et nous profitâmes de ce délai pour aller faire un tour dans les magasins de l’hôtel remplis de gadgets Ghibli et Kitty. Puis nous retournâmes dans la salle.
Une table avait était dressée avec divers alcools, boissons, sucreries et gâteaux apéritifs alors que nous venions de sortir de table et que nous étions pour la plupart incapable d’ingérer quoi que ce soit. Le premier jeu consista à essayer de faire tenir le plus possible de personnes sur une feuille de journal posée a terre, campus de Toyohashi contre campus de Nagoya, le campus de Nagoya gagna et les gagnants purent choisir des bibelots parmi une pile disposée sur une autre table. Puis vint un quizz auquel les chinois seuls comprirent quelque chose et enfin une course où deux personnes devaient faire tenir un ballon en équilibre entre elles deux en effectuant un parcours. A la fin de ces jeux je pu choisir un cadeau malgré le fait que je n’ai pas participé et je récupérai un cordon pour attacher mon portable ainsi qu’un badge pour Fabien. Lors de cette soirée je resta fidèle au Qoo mais Fabien, que le malheur s’abatte sur lui, lui préféra un alcool obscur qu’il regretta très vite, en pleurant et en me volant mon Qoo pour faire passer le gout de son abomination. Je retrouvai alors Kika et Ayumi dans ma chambre d’hôtel où elles sortirent à nouveau de la nourriture, petits gâteaux et biscuits goût takoyaki (encore du poulpe). Nous jouâmes a une sorte de dessiner c’est gagné en attendant que l’heure passe pour pouvoir profiter du onsen en toute tranquillité.
Dans la chambre d’hôtel nous avions à notre disposition en plus d’une télé, d’un gratte dos, de tout un attirail de massage, ainsi que divers produits de beauté, des Yukata, sorte de kimono léger s’apparentant à un peignoir, que nous prîmes pour nous rendre au onsen. Arrivée a l’étage des onsen nous entrâmes dans celui réservé aux femmes. La première pièce comportait une rangée de coiffeuses munies de miroirs et de sèche-cheveux où des femmes se coiffaient tandis qu’une personne de l’hôtel proposait des massages de pieds. En son centre étaient disposé des étagères où étaient posé des paniers, nous nous déshabillâmes et placèrent nos habits dans les paniers, puis plaquant la serviette que l’on nous avait remis a l’entrée sur notre buste nous passâmes les portes coulissantes menant aux bassins. Un grand bassin d’eau chaude muni d’une cascade occupait le centre de la pièce, un plus petit froid était près du sauna, quant aux deux murs ils étaient occupé par une série de petites douches placées à hauteur du sol, nous nous en approchâmes. Nous nous installâmes sur de petits sièges en plastique placés en face de chaque douchette et faisant couler l’eau nous nous lavâmes. Une multitude de savons, shampoings, soins et crèmes étant disponibles nous passâmes un bon moment à en essayer et c’est plus que propre que nous allâmes nous installer quelques minutes dans le sauna. Puis nous passâmes les portes coulissantes menant au Rotenburo (bassin extérieur). Bien au chaud dans l’eau, assises sur des rochers plat, nous pouvons à loisir regarder le vent souffler dans les arbres. Lorsque la vapeur nous monte à la tête nous nous asseyons sur des rochers en dehors de l’eau et le vent nous rafraichit. Ici aussi il y a une cascade qui nous masse au besoin. Mais la chaleur est oppressante et on ne reste que peu de temps dans l’eau. Nous nous essayons au bassin intérieur puis retournons dans la première salle afin de nous sécher et d’enfiler nos yukatas. Ma crainte de la nudité s’est vite dissipée, ici personne ne vous regarde, ici personne n’est gêné, il y a des jeunes comme des vieux et les complexes restent à la porte chassés par la vapeur. Quelques personnes se rafraîchissent auprès d’un ventilateur, Apres avoir enfilé mon Yukata je rejoins ma chambre où j’écris un mail à Fabien afin de nous rejoindre pour prendre des photos de nous en yukata. Malheureusement il dort déjà et je dois insister lourdement pour le tirer du lit et obtenir quelques clichés.

Onsen

Je vais me coucher à mon tour et mets mon réveil afin d’être à l’heure au petit déjeuner du lendemain 6h30.
Apres avoir préparé mes affaires je descends à la salle de petit déjeuner, les garçons eux se sont levés a 5h afin de profiter une dernière fois du onsen. Le soleil se lève tôt et se couche tôt au Japon, ainsi il faisait jour quant ils se sont baigné. Le petit déjeuner consiste en un gigantesque buffet avec divers plats japonais et occidentaux. Fabien s’essaye à des sortes de têtards tandis que je me contente d’une omelette, de saucisses, de patates et d’un grand verre de jus d’orange. Je prends néanmoins une soupe miso à laquelle je n’ai pu résister. Pour information l’onsen était aussi muni de balances et nous avons tous pris du poids en ces quelques jours. Le petit déjeuner terminé nous rassemblons nos affaires et montons dans le bus.
Nous nous endormons à nouveau au son discontinu du monologue de la guide et quand nous nous réveillons c’est pour nous apercevoir que le bus s’est arrêté au bord de la route. On nous remet un ticket d’entrée pour un lieu inconnu et l’on nous dit d’être à 11h30 dans un autre lieu dont nous ne comprenons ni le nom ni la localisation et dont nous finissons par conclure qu’il s’agit du bus. De plus on nous répète avec entêtement “30 minutes 30 minutes” sans que l’on arrive à comprendre à quelle information cela se rattache. Les gens se dirigent vers une rue en pente et nous les suivons nous retrouvant dans le quartier des samouraïs. De petites ruelles pavées s’enchainent, chacune dotée de maisons traditionnelles plus charmantes les unes que les autres.

Samourai

Certaines sont ouvertes au public et nous apercevons des armures de samouraïs bien lustrées. Une sorte de cours d’eau traverse le quartier et plutôt que de le détourner des ponts sont construits ça et là afin de pouvoir accéder aux magasins. Nous avons déjà observé cette façon de faire sur le quai de la gare en face de l’université, plutôt que de couper de gros arbres gênants, des trous ont été fait dans le toit afin de les laisser sortir.

rivière

Tout le monde semble savoir où il va et nous les suivons donc. Nous rencontrons Kika qui m’explique enfin que le billet est un billet d’entrée pour un jardin auquel nous devons nous rendre et qui se trouve à 30 minutes à pieds du quartier des samouraïs où ils nous ont déposés afin d’en avoir un aperçu. Nous apercevons enfin l’entrée du Jardin.

Le Korakuen est un magnifique jardin qui nous offre à nouveau, tout comme au temple Eiheiji, une sensation de bien être. Nous pouvons à notre gré emprunter de petits chemins ombragés qui débouchent sur de surprenants paysages, des points d’eau, des statues, de petites maisons ou des boutiques. Un héron se pose au bord d’un lac et un vieux monsieur japonais nous demande avec un sourire de quel pays nous venons tout en nous souhaitant la bienvenue.

Héron

La végétation est luxuriante et la faune aussi. Nous fuyons devant un bourdon gigantesque et admirons une grosse libellule d’un noir bleuté. Nous apercevons des étudiants chinois qui ont découverts un crabe et le photographie. Nous finissons par nous asseoir dans une sorte de belvédère auprès d’autres étudiants et l’heure désignée pour le retour approchant nous les suivons, ne pouvant compter sur notre propre sens de l’orientation. Loin de nous diriger vers le bus nous allons vers une maison traditionnelle qui s’avère avoir été préparée pour notre déjeuner. Nous nous déchaussons et nous installons sur les tatamis au sol devant de petites tables préparées à notre intention. Le repas est composé de riz, de soupe miso, de crevettes, tomates cerises, croquettes… du thé nous est servi durant le repas comme a l’accoutumé mais pour une fois il n’est pas amer et nous le savourons.
A la fin du repas nous rejoignons le bus qui s’est garé près d’une sortie du parc. Il s’élance à travers les montagnes qui ressemblent à autant de géants endormis tant leur formes adoucies par toute cette verdure semblent évoquer des silhouettes d’animaux fantastiques. Nous nous endormons et la guide débite, et débite, et débite…
Nous nous arrêtons a Shirakawa, un village où les maisons ont un toit de chaume et où les habitants vivent désormais exclusivement du tourisme. A notre arrivée on nous installe sur des bancs et nous prenons des photos de groupe, une par bus. Puis on nous remet des plans du village avec surligne le chemin de la visite que l’on nous conseille. Nous traversons un pont qui vibre étrangement pour une construction en béton et qui surplombe une rivière aux larges rives jonchés de cailloux.

cailloux

Nous nous retrouvons alors dans le village et entrons dans le premier magasin qui se présente attiré par cette peluche que l’on aperçoit partout et qui semble être l’emblème du village. Cette peluche s’avère s’appeler Sarubobo et ne pouvant résister fabien et moi en achetons une (deux pour Fabien) et je passe les 5 minutes qui suivent à agiter le grelot qui orne sa tête. Puis nous nous mettons à marcher au hasard, Alexandre n’est pas avec nous, nous l’avons aperçu pour la dernière fois au bord de la rivière en train de sauter de cailloux en cailloux et nous n’apprendront que plus tard qu’il a fini par tomber à l’eau. Nous ignorons totalement la carte et ce n’est qu’une fois rejoins par Hitomi que nous daignons y jeter un œil et nous rendons compte, oh bonheur, que pour une fois nous ne nous sommes pas perdus. Comme quoi ne pas regarder les cartes peut s’avérer efficace. Nous décidons de suivre le trajet indiqué et sur le chemin tentons vainement de visiter une maison (dont l’entrée s’avère payante, ce que la guide avait précisé dans le bus mais que nous n’avions évidemment pas compris), nous admirons des carpes qui nous suivent dans le canal le long du chemin et rencontrons deux étudiants chinois en train d’acheter des tomates fraiches à une vieille dame. Ils nous en offrent et j’en accepte une avec joie. Elle est délicieuse, Fabien qui n’aime pas les tomates mais s’est senti obligé d’accepter se décompose au fur et a mesure qu’il la mange. Nous entamons alors la montée qui nous mènera au Shirakawa Viewpoint. La pente est raide et une fois arrivés au sommet nous nous rendons compte que l’heure du départ du bus est proche mais que nous ne pourrons jamais redescendre à temps, un étudiant chinois préviens alors un responsable par téléphone que nous prendrons la navette pour redescendre et que nous serons donc en retard. La navette ne partant pas de suite nous prenons le temps de visiter le magasin et de prendre des photos de la magnifique vue sur la vallée.

vallée

Puis nous montons dans la navette, qui frôle dangereusement les ravins dans sa descente, puis courrons au bus, nous confondant en excuses, sous les encouragements des autres étudiants.
Le bus repart et la guide est plus déchainée que jamais. Pour une fois je ne m’endors pas et l’entends nous compter l’histoire d’un barrage et des habitants de la vallée forcés de déménager… Je m’endors. Le bus s’arrête à une station service et le bus du campus de Nagoya nous quitte alors. Quant aux deux nôtres ils repartent de plus belle vers Toyohashi. Dans le bus on nous distribue des cartes de Bingo, un écran descend du plafond et la partie commence. Les numéros appelés s’affichent sur l’écran, Fabien finit par se rendre compte qu’il a une ligne depuis un moment déjà mais ne s’en ai pas aperçu, il choisit un paquet de frites dans les lots que nous mangeons de suite. Je finis aussi par gagner et choisis un magnet pour mon frigo, un marque page en forme de poisson et une saucisse au fromage (écœurant). Puis la guide n’ayant sûrement plus rien à dire ils mettent un film. L’histoire étant un petit garçon dont la mère vient de mourir et dont le Père lui dit que sa mère reviendra à la saison des pluies (printemps). Le fait est qu’à la saison des pluies la mère reviens vraiment, mais ne se rappelle plus de rien. Elle redonne courage et force au père et à l’enfant mais lorsque l’été reviens elle disparait. Au moment poignant du film où le petit garçon voit le soleil et se rends compte que la saison des pluies touche à sa fin, il se met à courir vers sa maison en appelant sa maman et là la guide éteins le film et se remets à parler puis elle daigne enfin le remettre mais coupera avant la fin pour nous dire que l’on approche de l’université et oubliera de le remettre. Le bus se gare dans le parking de la fac et les organisateurs nous “remercient pour nos efforts” selon la formule consacrée. Nous partons alors en direction de l’International House en imaginant les milles manières dont nous aurions pu faire définitivement taire la guide.
Une fois arrivés Fabien me rejoins et nous préparons des Hamburger. Au Japon les hamburgers ne désignent pas deux tranches de pains avec un steak, du fromage et diverses choses entre le tout, mais une sorte de steak composé d’un mélange de plusieurs viandes. Nous les préparons donc avec des nouilles soba mais il s’avère que les hamburger « bah c’est pas bon » et que les nouilles sont trop salées. Sur ce nous regardons les vidéos tournées durant le voyage ainsi que les photos. Nous finissons par nous rappeler que nous avons rendez-vous le lendemain avec les japonais qui nous avaient accueillis a l’aéroport (Takashi, Tomœ, Keiko et Shihoko) et que le responsable du service des relations internationales de l’université (Kamiya) nous a prévenu dans le car que nous devions nous rendre à la fac le lendemain chose qui n’était pas prévue. Nous prévenons donc Keiko de ce changement et retardons notre rendez-vous puis nous allons nous coucher. Découverte du jour dans mon placard : une couverture chauffante électrique.
Le lendemain nous nous rendons à l’université où Kamiya nous guide jusqu’à une salle de classe où nous rencontrons Nakazaki sensei (le suffixe sensei s’appliquant aux professeurs). C’est une femme très sympathique qui nous présente notre emploi du temps, nous donne une liste de livres à acheter et nous informe qu’auront lieu vendredi deux examens. Ces examens (nous avons mis du temps à le comprendre) ne sont pas obligatoires. Le premier sert à passer en niveau 1 ère année (mêmes cours que pour les étudiante japonais) et le deuxième en 2eme année, mais elle nous explique que la différence de niveau est telle que seuls les étudiants chinois peuvent espérer le passer. En ce qui nous concerne nous suivrons comme prévu les cours de japonais pour étrangers. Une fois cette petite réunion finie nous prenons le train pour rejoindre nos amis en ville.
Nous sommes tous affamés mais Alex étant resté à l’université pour régler les papiers pour son assistanat nous décidons d’aller faire des purikura en l’attendant. Sur le chemin je m’arrête dans un magasin de jeux videos et achète un logiciel pour DS de dictionnaire anglais-japonais qui me reviens moins cher qu’un dictionnaire électronique traditionnel et a en plus l’avantage de pouvoir reconnaître les kanji (caractères chinois) que l’on trace avec le stylet. Puis nous descendons dans la même salle d’arcade que la dernière fois et essayons de nouvelles machines à purikura. Notre choix se porte cette fois sur une machine disposant d’une estrade et d’une autre munie d’une barre. Alex nous rejoins pendant que nous dessinons allègrement sur nos clichés. Nous ressortons alors et nous rendons dans un restaurant d’udon pas cher. Je prends un menu avec un petit curry et un udon à l’œuf. Le repas terminé nous prenons le tram car les japonais veulent nous emmener à un petit château qui se trouve dans le parc de la ville. Arrivés sur place il s’avère que le château est en effet petit mais qu’il est en plus fermé pour la journée, nous admirons néanmoins la vue et nous extasions devant un oiseau qui butine avant de nous rendre compte que c’est un énorme papillon et de nous enfuir en courant. Nous découvrons alors une énorme sauterelle que Keiko placera dans les mains d’Alex puis nous quittons le parc et décidons de retourner en centre ville à pied en chantant en chemin les chansons que nous avions choisies au Karaoké.
Une fois en centre ville les japonais nous emmènent dans un bâtiment qui semble être une librairie, j’en profite pour m’acheter un agenda car mine de rien les cours commencent demain, puis nous nous dirigeons vers un étage dédié aux mangas et aux animes. Je m’essaie alors a un gashapon (machines où l’on mets une pièce et d’où tombe aléatoirement un gadget) et obtiens un porte clef Nana. Puis je décide de m’acheter un hologramme afin de protéger l’écran de mon portable. C’est aussi très pratique car ca empêche quiconque de regarder discrètement ce que vous écrivez. Nous nous rendons ensuite dans un café puis après un peu plus de shopping nous nous séparons.
Une fois rentrés à la fac nous nous rendons à la salle informatique où nous restons jusqu’à 21h et où je rédige le billet Karaoké et commence celui là avant de m’avouer vaincue et de n’en poster qu’une partie. Puis nous rentrons à l’International House. Pendant que bout l’eau pour nos ramen nous allumons la télé et tombons sur une émission des plus amusantes. Une équipe d’une vingtaine d’hommes doit refaire dans des proportions gigantesques des plats traditionnels japonais. Pour cette émission ils doivent faire une espèce de gelée puis la passer dans une espèce de tamis afin de créer des spaghettis de gelée. Cette gelée est faite à partir d’algues qu’il faut faire bouillir et dont l’eau d’ébullition une fois refroidie forme la gelée. Ils se retrouvent donc avec 90 kilos d’algues à laver puis à faire bouillir dans une espèce de citerne ce qui leur donne 180 L d’eau à faire refroidir dans un camion frigorifique. Ils tentent de le faire refroidir durant 24 heures mais ce n’est pas suffisant et lors du passage dans le tamis la gelée explose. Ils recommencent alors tout depuis le début et laisse cette fois refroidir une semaine. Ils se retrouvent en définitif avec des kilos de ces spaghettis de gelée qui ont l’air immonde. En tout cas ca nous a bien amusé et les émissions japonaises ont la particularité qu’ils sous-titrent ce que disent les gens comme si il s’était agit de dessins animés, en mettant des petits cœurs par exemple, ce qui permets de comprendre la majorité de ce qu’ils disent. Apres cela nous nous sommes couchés.
Ce matin nous nous sommes rendus à notre premier cours. Nos cours commencent tous les jours à 11h puis nous avons une pause d’1h à 12h30 pour manger et nous reprenons pour 1h30 de cours (sauf le jeudi où nous n’avons pas cours l’après-midi). Le reste de la journée est libre. Le cours d’aujourd’hui était la compréhension orale. Nous avons interviewé les autres élèves puis les avons présentés, nous avons fait quelques exercices de bases puis le professeur nous a montré la salle d’écoute où nous nous sommes installés pour faire quelques exercices à la fin du cours. Le niveau est étonnamment bas ce qui nous rassure, et la prof est très agréable. A la pause de midi nous sommes allé manger au restaurant universitaire (udon pour moi 200 Yen = 1 euro 50) puis nous sommes allé faire un tour au magasin du campus où nous avons trouvé des sandwichs à 128 Yen et avons donc décidé de venir là les jours suivants. A la fin des cours je me suis rendue à la salle informatique où je me suis mise a écrire et écrire et…
Il est maintenant 18h29, le fait que je n’ai pas encore internet dans l’appartement retarde les post, de plus le voyage m’a laisse une grande quantité de choses à raconter, mais désormais je devrais pouvoir faire des billets plus réguliers et plus courts. Pour le moment je vais rejoindre Fabien qui est parti en vélo avec Mat faire quelques courses. L’achat d’un vélo est a l’étude, en effet le prix d’un vélo correspond a 30 aller-retour au centre ville chiffre que nous atteindrons sans aucun doute et si nous en prenons un avec un porte bagage il servira a 2 personnes…. Nous nous renseignerons demain. La ligne internet a été demandée, son installation prends un mois a partir d’hier. Bientôt, wow.

Karaoké

Initialement paru le mardi 19 septembre 2006

J’ai donc rejoint les autres (les autres désignant à partir de maintenant les deux étudiants hawaïens, les deux taïwanaises ainsi que nous 3 français) et nous sommes rentrés a l’International House. Pour le diner chacun devait faire un plat de son pays mais en définitif nous n’avons rien fait du tout et avons dévoré les yakisoba faites par Hitomi, l’okonomiyaki de Nana, le bœuf saute de Jin (nouveau venu dans les “autres”, très sympathique coréen quasiment bilingue en japonais) ainsi que le curry de Mat comme des cafards. Le tout copieusement arrosé de thé glacé, saké et d’un cocktail au café fait par John (en effet John semble ne jamais voyager sans son mixer à cocktail). Puis peu avant minuit le mot de Karaoké a été prononcé et en deux secondes nous étions tous dans la rue en route pour le train.

Arrivés à la gare de Toyohashi, Jin l’expert des lieux, étant là depuis mars, nous guida dans une ruelle adjacente à une grande avenue marchande et nous fit entrer dans un karaoké. L’entrée semble être celle d’un hôtel. Un groom se tient derrière un comptoir et nous propose différentes sortes de salles. Evidemment nous regardons bouger ses lèvres sans comprendre un traitre mot mais en une demi-milli-seconde Jin a réglé l’affaire et nous voila dans un ascenseur qui nous emmène devant ce qui semble être la porte d’un appartement. En effet les salles de karaoké sont en tous points semblables à un petit appartement. A l’entrée on se déchausse pour enfiler des chaussons, il y a des toilettes ainsi qu’un lavabo et une table basse entourée de banquettes. Des menus sont disponibles et nous pouvons commander boissons et nourriture avec le téléphone disposé près de la porte. De gros annuaires jonchent la table et sont en fait les listes de chansons disponibles, nous disposons aussi d’un écran tactile recensant tout les titres avec un moteur de recherche par chanteur ou titre. Jin ouvre le jeu… et nous enlève toute envie de nous essayer au karaoké. Il chante comme un dieu, ça c’est dit. Puis Mat prends la relève et là nous nous cachons sous la table, oui oui littéralement, tellement nous mourrons de honte de prendre le micro. Mat est aussi un dieu. Là les deux taïwanaises nous enchaînent avec un magnifique duo en chinois et mettant de côté notre amour propre nous choisissons des chansons en anglais pour débuter. Les garçons commandent des boissons et de plus en plus de chansons apparaissent en file d’attente. Le fait est que le temps passe a une vitesse ahurissante quand on s’amuse dans une salle de karaoké et après radiohead, gwen stefani, cake, walt disney, joe hisaichi, anna tsuchiya j’en passe et des meilleures, il est déjà 3h et nous rendons la salle. La soirée nous sera revenu à un peu moins de 4 euros 50 par personne (sans boissons).

Si les trains roulaient toute la nuit ce serait le rêve mais à cette heure-ci le service est malheureusement fini nous arrêtons donc 2 taxis. Au Japon il ne suffit pas de donner une adresse au conducteur, ce serait trop simple, il faut lui indiquer le chemin, là encore Jin tel un sauveur le guide en haut de notre rue (à peu près 2 euros 50 par personne, tarif de nuit) où nous attendons le deuxième taxi puis nous rentrons nous coucher nous donnant rendez-vous le lendemain à 10h pour nous rendre a Nagoya.

Le lendemain a 10h nous attendons en vain les taïwanaises qui ne semblent pas réussir a se lever et nous partons finalement sans elles. Nous nous rendons à la gare où nous achetons nos billets pour Nagoya. Au Japon les lignes de chemins de fer sont privatisées, on peut donc jouer sur la concurrence pour obtenir un billet moins cher. Au lieu de prendre la Japan Rail nous avons donc pris une ligne locale qui fait un tarif spécial de 1500 Yen sur les aller-retour Nagoya le week-end (à peu près 12 euros). Et nous voila dans un train rouge rutilant qui nous emmène en 1h à Nagoya. Une fois sur place Jin nous entraine dans le métro. Sur les quais du métro sont peintes des lignes qui désignent l’emplacement des portes et dessinent une sorte de couloir. Les gens attendent dans ces couloirs avec une discipline effarante et si le métro est plein ils restent à attendre dans leur couloir. Les gens sont donc tous alignés deux par deux, en files bien nettes, chose inimaginable dans le métro parisien. Après un changement nous montons à la surface et nous retrouvons dans le quartier d’Osu, quartier a la mode où les jeunes passent leurs après-midi. L’entrée du quartier est marquée par une grande porte rouge et un temple devant lequel se rassemblent les pigeons, une petite fille est d’ailleurs en train de les nourrir et pousse des cris hystériques dès que l’un deux se pose sur son épaule, ce qui ne les effraient pas le moins du monde.

Pigeons

Nous nous dirigeons vers un petit restaurant afin de déjeuner et mon choix se porte sur du porc pané. Après le repas nous nous séparons en deux groupes afin de faire du shopping et de découvrir les rues avoisinantes. A chaque coin de rue, et même entre les coins, il ya de nombreux distributeurs, de boissons chaudes et froides, mais aussi de cigarettes, je n’ai pas encore vu les fameux distributeurs de chemises ou de parapluies. C’est plus une visite de magasins que du véritable shopping (bien que Fabien en profite pour s’acheter des vêtements plus chauds pour cet hiver). Il y a beaucoup de magasins de vêtements, a la mode, rétro surtout, mais aussi traditionnels, ainsi que de bazars remplis de jouets pour enfants et de stands de nourriture. A un croisement nous tombons sur un manekineko géant (ces gros chats qui agitent la patte pour attirer la bonne fortune dans les magasins) et des bannières encourageant les dragons, l’équipe de base-ball locale.

Dragons

Vers 3h nous nous apprêtons à rejoindre le groupe mais notre non-sens de l’orientation commun nous entraine près d’un charmant petit temple gardé par des renards (Kitsune), esprit gardiens. Nous finissons par retrouver la place aux pigeons et Mat nous quitte alors pour rejoindre des amis à lui tandis que nous rentrons à Toyohashi. Dans le métro je trouve une barrette en forme de fleur que je remets à un contrôleur, oui ca peut paraître anodin mais en France le sentiment premier aurait été “chouette une barrette”, alors qu’influencé par l’esprit japonais les objets perdus semblent être la seule option.

Une fois revenus à la gare de Toyohashi je demande a Jin de nous emmener faire des Purikura (abréviation de Print Club qui sont de petites photos que l’on peut prendre dans des sortes de photomaton). Il nous guide jusqu’à un magasin rose rempli de ces photomatons où nous rentrons joyeusement avant de nous faire mettre a la porte. En effet ce magasin de purikura était entièrement réservé aux filles, et Jin, Fabien, John et Alexandre n’en étant pas nous nous sommes faits congédiés. Nous descendons donc dans une salle d’arcade qui dispose aussi de Purikura et entrons dans l’un deux choisi au hasard. Il s’avère que ce dernier dispose d’une plate forme qui monte et descends au fur et a mesure de la séance photo afin de nous prendre sous différents angles. Pour 400 Yen (donc 100 Yen par personne, moins de 70 cents) nous commençons donc notre séance photo. Nous enchaînons les poses alors qu’un ventilateur fait voler nos cheveux au vent et que derrière nous des panneaux défilent afin de changer la couleur de fond. Puis nous sortons de la cabine et nous rendons sur le côté de la machine où nos photos apparaissent sur un écran tactile. Muni de deux stylets nous dessinons alors, insérant de petites images ou des cadres sur nos photos et une fois satisfaits les récupérons dans un petit bac. Il est possible de choisir des plaquettes de 16, 24, 32 photos, leur taille diminuant avec le nombre. Une table est à disposition à côté des machines avec une paire de ciseaux pour se partager les photos. Nous profitons de l’occasion pour faire quelques jeux (guitar freaks (20 cents la partie) et DDR (70 cents)) puis nous nous rendons au magasin d’AU, autrement dit le magasin de portable. Mon portable est arrivé et nous attendons une demi-heure que la vendeuse le configure puis je repars toute heureuse. Fabien me transfert ses contacts via un système infra-rouge, et donc gratuit, et je me découvre des talents d’écriture en japonais. En effet le portable propose automatiquement des formulations de phrases ou des kanjis qui ne me seraient jamais venus a l’esprit et qui me font passer pour plus douée que je ne le suis. Nous découvrons un dictionnaire japonais-anglais mais aussi un mode rafale pour l’appareil photo. Une fois rentrés à l’International House nous décidons de ressortir, Fabien et moi, pour aller manger à McDo, une fois n’est pas coutume.

mcdo

Nous nous rendons donc au supermarché du bout de la rue (bout de la rue qui se trouve tout de même à 5 bonnes minutes). Nous commandons nos menus qui sont à peu de choses près semblables aux menus français (le peu de chose près étant un hamburger à la crevette, un à l’œuf et un autre au bœuf sauté), et nous nous voyons remettre un ticket numéroté. Nous attendons donc sagement que l’hôtesse appelle notre numéro et nous remette notre plateau. Ici aussi il y a du Qoo, le Qoo est une boisson proposée par the Coca Cola company (pour changer) et qui est…. du jus de pomme, avec quelque chose en plus d’indéfinissable, et qui est devenue notre boisson officielle. Sur les bouteilles il y a Qoo, un petit bonhomme bizarre et bleu avec un pic sur la tête, qui joue généralement avec une pomme et qui a des amis différents selon les bouteilles. Une légende prétend qu’il existerait du Qoo à l’orange mais ce serait sacrilège que d’être infidèle au Qoo à la pomme.

qoo

Le repas terminé nous rentrons a l’International House et nous nous couchons car le lendemain une grosse journée nous attends.

Parapluies

Initialement paru le vendredi 15 septembre 2006

Après être partie du média center d’où j’utilise la connexion net je me suis donc rendue en ville en prenant le train. Le centre de Toyohahi est à 10 minutes. Il n’y a pas de composteur c’est un (vieux) monsieur qui récupère les billets quand on descend du train, moins de fraude, plus d’emplois, bien que les japonais ne soient pas du genre à frauder, le billet coûte à peine 1 euro.
Puis j’ai pris le tram afin de me rendre a un bâtiment administratif rattaché a l’hôtel de ville afin de faire mon “alien card”, la carte de résident étranger et de souscrire à l’assurance obligatoire afin d’être inscrite à la sécurité sociale japonaise. Une fois ces papiers remplis il était malheureusement trop tard pour se rendre à la banque et nous sommes donc allés au magasin de portables.
Chacun a alors choisi son modèle préféré. Au Japon la plupart des portables (sauf nouveaux modèles) ne coûtent rien, on ne paye que la batterie (moins de 10 euros) et l’abonnement. Evidemment le modèle que j’ai choisi était en rupture de stock et je dois donc attendre quelques jours avant de venir le chercher. Mais en échange j’ai eu une boite à bento, une boite pour mettre son déjeuner avec un compartiment pour mettre ses baguettes. En attendant que le reste du groupe remplisse les papiers Fabien et moi sommes allés dans un petit magasin acheter des nikuman, sortes de beignets fourrés à la viande. Délicieux. Au magasin de portable il y avait a l’entrée deux porte-parapluies avec des panneaux qui indiquaient “prenez-en un si il pleut, vous le déposerez la prochaine fois que vous passerez”, inimaginable en France.
Il faut préciser que le japon est le pays du parapluie, il y en a paaaaaartout. Alexandre s’est d’ailleurs pris une réflexion de Kamiya-san sur le fait qu’il n’ai pas de parapluie. C’est mal vu d’affronter la pluie. A l’entrée de la bibliothèque ou encore de la salle informatique il y a des sortes de cadenas à parapluie, on pose son parapluie et on tourne une clé qui le bloque.

Parapluies

Après cela nous sommes tous allés dans la galerie marchande et avons dîné dans un restaurant italien…. bah oui on ne peut pas manger japonais tout le temps. Bien fatigués nous sommes ensuite rentré et avons tenté de comprendre les menus des téléphones portable. Je me suis avérée relativement douée pour trouver les choses qui ne servent à rien. Genre le trafiqueur de photo pour mettre des chapeaux ou des moustaches de chat sur les photos que l’on prends, mais pour les trucs utiles genre changer de sonnerie, fond d’écran ou encore envoyer un e-mail, fabien a été plus efficace. Tout le monde s’est donc amusé à découvrir son portable et je me suis rabattue sur ma DS faute de nouveau joujou. Puis nous nous sommes couchés.
Ce matin nous nous sommes rendus à la banque afin d’ouvrir un compte. C’est rapide, facile et le montant minimum est ridicule (moins de 10 centimes). Lors de l’ouverture d’un compte ils nous remettent un carnet que l’on introduit dans le distributeur de billet à chaque opération et où s’impriment les opérations effectuées, plus besoin de tenir de comptes! C’est un système très efficace.
Ensuite nous nous sommes rendus au magasin de portables afin de remettre le numéro du compte pour le prélèvement automatique du forfait. Puis Alexandre, Fabien et moi avons du nous dépêcher de rentrer car nous avions rendez-vous avec le professeur de français, monsieur Takahashi. Il avait besoin d’un assistant et Alexandre va dons remplir cet office durant le premier semestre puis je le ferai le deuxième, cela fera un peu d’argent de poche et surtout nous permettra de rencontrer de nouveaux étudiants. Il nous fit visiter son bureau et nous proposa de nous guider demain à Nagoya. Il semblerait que le nombre d’étudiants japonais s’intéressant au français soit en chute libre et que la section français de l’université ferme si cela se prolonge. Monsieur Takahashi veut tenter de donner des cours de cuisine française afin d’attirer de nouveaux étudiants et nous demande de faire de la pub pour le voyage à Orléans qui ne pourra se faire s’il n’y a pas suffisamment de participants.
Nous sommes ensuite allés nous faire à manger à la résidence puis sommes retournés a l’université afin de nous connecter a internet.
Je vais maintenant rejoindre les autres afin de mettre au point notre possible expédition à Nagoya de demain et la fête de ce soir.

At last

Initialement paru le jeudi 14 septembre 2006

J’ai mis un moment mais j’ai enfin réussi à me dégoter un ordinateur connecté au net. Par contre pour les accents il faudra attendre que mon propre PC soit connecté parce que celui la risque d’imploser si je tente de lui installer une interface occidentale. Je suis donc bien arrivée au Japon. Il fait lourd et il pleut sans discontinuer, il semblerait qu’on puisse espérer une éclaircie dans l’après-midi.
A notre arrivée à l’aéroport quatre étudiants de l’université d’Aichi nous attendaient. Ils nous ont emmenés faire du change et un peu de shopping dans les magasins de l’aéroport. Puis nous avons pris le bus pour nous rendre à Toyohashi. Le paysage est verdoyant, on pourrait se croire en France si toutes les maisons n’avaient pas ces drôles de toits, si les voitures ne roulaient pas à gauche et si les panneaux étaient compréhensibles. Tout mes kanjis se mélangent, je ne peux plus lire que les hiragana et katakana. Nous nous sommes mis à discuter et à nous faire comprendre tant bien que mal. Après 2h de bus nous sommes arrivés à la gare de Toyohashi. De là nous avons pris un taxi pour nous rendre à la résidence. Il y a des taxis qui fonctionnent comme les bus, on achète un ticket pour un certain quartier et on le donne au conducteur, ce qui les rend abordables.
Arrivés a l’International House le gérant me remis une paire de chausson et me conduisit a ma chambre. Après de périlleuses explications sur l’utilisation du gaz et du climatiseur il me laissa m’installer. Keiko, Tomoe et Shihoko restèrent pour m’aider. Mes placards s’avérèrent une vraie mine. La précédente locataire (Aurélie de l’université d’Orléans) devait avoir des bagages vraiment réduits car il semble qu’elle ai laissé toutes ses affaires. Un toaster, un radio-cassette, des raquettes de badminton, un épilateur, un auto-cuiseur pour le riz, des casseroles, assiettes, verres, balance, couverts, couvertures, pinces a linge, classeurs, cahiers, stylos, carte de photocopie, agrafeuse, fer à repasser, table basse, tapis j’en passe et des meilleurs. Je trouve chaque jour de nouveaux objets que je n’avais pas remarqués. Et le tout propre et bien rangé. Une fois installés Keiko alla chercher sa voiture et nous allâmes tous ensemble dans un restaurant traditionnel ou ils insistèrent pour nous payer à manger. Et pas qu’un peu, ils commandèrent un peu de tout les plats disponible afin que nous goûtions de tout. Nous étions assis à une longue table dans une salle privée, sur des coussins posés au sol. Alex découvrit un bouton sur lequel il s’acharna pour passer le temps et qui s’avéra être en fait une sonnette pour appeler le serveur…
Apres ce copieux repas Keiko nous raccompagna. Dans les couloirs on fit la connaissance de John et Matthew deux étudiants hawaïens ainsi que de Nana et Hitomi deux étudiantes taïwanaises. Nous nous donnâmes rendez-vous pour nous rendre le lendemain à l’université.
Vers 5h du matin ne pouvant plus dormir je pris une douche (les douches se prennent à côté de la baignoire et celle ci ne sert qu’à se relaxer) puis je fis un peu de ménage. Vers 8h Alex et moi sommes allé réveiller Fabien et nous sommes partis en expédition découverte. Nous avons pris un petit-déjeuner dans un restaurant ouvert 24h sur 24. Puis nous avons rejoins les autres pour aller a la fac. Kamiya-san un des membres du Kokusai Center nous expliqua le fonctionnement du campus et nous le fit visiter. Puis nous sommes allés manger au restaurant de l’université. Udon, ramen, gyudon, soba…..
Avant de rentrer nous sommes allés faire quelques courses. La précédente locataire de mon appartement m’a aussi laisse des pâtes, des boites de conserves et de nombreux condiments donc je n’eus pas grand chose à acheter sinon quelques spécialités ainsi que des bonbons et de quoi faire un petit-déjeuner. Apres une petite sieste les hawaïens, Fabien, Alex et moi sommes partis chercher un supermarché plus proche de la résidence et acheter de l’alcool et des chips pour se faire une welcome party. Finalement on dina ensemble et Matthew fit des yakisoba. Les taïwanaises nous rejoignirent plus tard dans la soirée avec des gelées de litchi que j’ai adoré.
Ce matin après un difficile réveil et une douche salvatrice nous sommes partis (hawaïens, taïwanaises et français) explorer une autre partie du quartier et avons finalement échoués dans un Mcdonald pour prendre un petit-déjeuner. Puis nous sommes allés à l’université. Là nous avons remplis les papiers afin d’obtenir l’alien card et avons payé notre loyer, notre futon, ainsi que le voyage que nous allons effectuer dimanche et lundi. Pendant ce voyage nous allons participer à des activités traditionnelles, il semblerait que nous ayons été inscrits a l’atelier sandblasting qui apparemment consiste à décorer des verres… nous en verrons plus le moment venu. L’université nous a aussi fait faire des inkan, sceau servant de signature.
Je vais maintenant rejoindre Kamiya-san afin de me rendre à la banque pour ouvrir un compte et acheter un portable. Nous avons décidés de prendre internet a plusieurs afin de réduire les frais, je ne sais malheureusement pas combien de temps cela va prendre. Les photos et vidéos seront mises en ligne a ce moment là.

Création

Initialement paru le mardi 22 août 2006

Et Cat créa le blog… Je prends l’avion le 11 septembre pour me rendre au Japon où je résiderai 1 an. Ce blog ouvrira donc ses portes au 12 septembre, première journée dans la ville de Toyohashi, département d’Aichi, et rendra compte de ma vie au jour le jour jusqu’à mon retour. Vous trouverez les photos illustrant mes récits dans les différentes galeries. N’hésitez pas à faire des commentaires.

Résurrection

Ce tumblr n’est qu’une copie partielle du blog “Cat in Japan” que certain d’entre vous ont fréquenté en 2006-2007. Certains des articles qui étaient à l’époque dépourvus d’accents et de ponctuation occidentale ont été revus afin d’en faciliter la lecture. Les galeries photos et vidéos ne seront quant à elles pas remises à disposition.


Bonne Lecture  ^___________^

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